Particuliers
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Le voyage jusqu'en Laponie, le matériel, les rations, de quoi créer dans le froid. Chaque don nous aide à rapporter la beauté du vivant et à la partager, et on vous raconte tout en retour.
L'expédition · Sarek, Laponie suédoise
À la fin de l'hiver, nous partirons à ski et en pulka, en autonomie, au cœur du parc national du Sarek. Neuf jours environ : peut-être huit, peut-être dix, selon la neige et la météo. Le but : rejoindre le pied de Nammásj. Le reste, le territoire en décidera.
Moufid connaît la région. Il a préparé le parcours, il prendra les décisions liées à la météo, et la sécurité du groupe passera toujours avant la montagne.
Carte © OpenTopoMap (CC BY-SA) · Données © OSM, SRTM
Le tracé est une base : le vrai parcours se décidera sur place.
Avant le départ et au retour, c'est sur Instagram que nous racontons tout. Suivre @moufid_taleb
Le parcours
Une boucle vers le cœur du Sarek : on monte sur le plateau, on rejoint les grands lacs gelés, on fait un aller-retour jusqu'au pied de Nammásj, puis on redescend vers Kvikkjokk.
Un tracé, pas un programme
Ce parcours est une approximation qui nous sert de base. Sur place, la réalité du terrain, les conditions et nos propres choix pourront le faire évoluer.
La réalité du terrain
Le Sarek est l'un des derniers grands espaces sauvages d'Europe, et l'hiver y est rude. Voici ce qui peut mal tourner, et ce qu'on fait en face. C'est Moufid qui décide quand on avance et quand on s'abrite.
Pour quatre d'entre nous, c'est un territoire nouveau. On s'y prépare ensemble, et on vous racontera aussi les jours difficiles.
0 risque paré sur 9
−30 °C
et parfois bien moins
Et vous, vous faites quoi ?
Au réveil, le thermomètre affiche −38 °C. L’étape du jour est longue.
Parade : ce que fait Moufid
Vêtements adaptés, alimentation riche, aucune transpiration. Extrémités gardées au sec, surveillance mutuelle, vasodilatateurs en cas de gelure (jamais en préventif). Par très grand froid, on ne part pas : on attend sous la tente, avec assez de carburant pour tenir. À la rigueur, on raccourcit l’étape.
−34 °C
ressentis, pour −20 °C et un vent à 40 km/h
Et vous, vous faites quoi ?
Les rafales empêchent de monter la tente. La nuit tombe.
Parade : ce que fait Moufid
Arrêt de la progression. Si la neige s’y prête, un mur de neige pour abriter la tente. Si la tente est impossible à monter : abri creusé dans la neige, isolant parce qu’elle est pleine d’air.
0 repère
ni sentier, ni balisage, ni horizon
Et vous, vous faites quoi ?
Le white-out tombe : plus d’horizon, plus de relief. On connaît la direction du prochain col.
Parade : ce que fait Moufid
Progression groupée, en file derrière Moufid, au GPS et à la boussole. Si la météo devient violente : arrêt et attente.
0 °C
l’eau sous la glace
Et vous, vous faites quoi ?
Un lac gelé coupe la route. Le contourner prendrait des heures.
Parade : ce que fait Moufid
Certains lacs portent à coup sûr, vu l’altitude et la configuration. Aux endroits sensibles, Moufid passe en premier et sonde sous la neige pour écouter la glace ; le groupe suit sa trace. Si ça ne passe pas, on contourne.
×3
l’effort pour avancer dans la neige collante
Et vous, vous faites quoi ?
Il fait 0 °C, la neige colle sous les skis. Chaque pas pèse.
Parade : ce que fait Moufid
Un produit anti-collage pour les skis, d’efficacité limitée. Le reste se compense par l’effort.
Chaque jour
une pulka à tirer, une nuit sous tente
Et vous, vous faites quoi ?
Les premiers jours, tout le monde est en forme.
Parade : ce que fait Moufid
Effort dosé pour durer jusqu’au bout. Entraide dans le groupe.
Isolement
aucun secours à proximité
Et vous, vous faites quoi ?
Une chute, une cheville qui gonfle : impossible de poser le pied. On est loin de tout.
Parade : ce que fait Moufid
Trousse de secours pour protéger. Si quelqu’un ne peut plus avancer : secours appelés par satellite, qui peuvent venir en motoneige, ou évacuation dans la pulka de Moufid, qui la tire pendant que les autres se partagent son chargement.
0 magasin
on répare avec ce qu’on porte
Et vous, vous faites quoi ?
Un ski se brise en deux, au milieu de l’étape.
Parade : ce que fait Moufid
Fixations de rechange, raquettes si un ski casse, kits de réparation pour les tentes et les vêtements, multi-outil. En expédition très engagée, Moufid irait jusqu’à se fabriquer un mini-ski avec le plus long morceau et la fixation de rechange.
CO
monoxyde de carbone : incolore, inodore
Et vous, vous faites quoi ?
Le soir, il faut faire fondre de la neige pour l’eau. Dehors, ça souffle.
Parade : ce que fait Moufid
Abside (l’entrée de la tente) tournée face au vent pour que l’air circule, flamme éloignée de la toile, essence dosée à l’allumage, détecteur de monoxyde de carbone qui sonne dès que le gaz s’accumule.
Photo : Moufid Taleb
Le territoire
Des vallées boisées aux plateaux balayés par le vent, le paysage change sans arrêt.




Un territoire habité
Le Sarek n'est pas un désert. C'est le pays des Sámis, le peuple autochtone de Laponie, qui y conduit ses rennes au fil des saisons.
L'été, les troupeaux montent dans les montagnes. L'hiver, ils redescendent plus à l'est, dans la taïga. À la fin de l'hiver, les éleveurs se préparent à repartir vers les pâturages d'été.
Sur notre chemin, nous croiserons leurs habitations d'été, tout à fait désertes en hiver, en attente du retour des troupeaux. Nous passerons sans rien déranger.

Qui vit là-bas
Rien n'est promis. Certains se montreront, d'autres ne laisseront que des traces dans la neige.














La météo
En fin d'hiver dans le Sarek, une même semaine peut passer du grand beau au jour blanc. Choisissez un temps et voyez ce qu'il change pour nous.
Touchez un temps pour le vivre
Ciel pur, air sec, la neige crisse sous les skis. Sans nuages pour retenir la chaleur, ce sont souvent les nuits les plus froides.
Pour nousLunettes de soleil le jour, toutes les couches de duvet dès que le soleil passe derrière les crêtes.
Au-dessus des arbres, rien n’arrête le vent. Il soulève la neige au ras du sol ; quand elle emplit l’air, le ciel et le sol prennent la même teinte : c’est le jour blanc. Plus d’ombre, plus de relief, plus d’horizon.
Pour nousOn avance au GPS et à la boussole, serrés les uns derrière les autres, ou l’on attend que ça se lève. Le soir, on bâtit un mur de neige pour abriter la tente.
Quand la neige tombe, le monde devient silencieux. Par froid humide, chaque branche se couvre de givre.
Pour nousLa trace est lourde : on se relaie à l’avant pour la faire.
En mars et en avril, le soleil commence à chauffer. La neige s’alourdit dans la journée, puis regèle la nuit en une croûte dure.
Pour nousOn part tôt sur la neige gelée, et l’on fait sécher les affaires au soleil.
Le vent emporte la chaleur du corps : à température égale, plus il souffle, plus on a froid. Jouez avec les deux curseurs.
Ressenti
−22 °C
Risque modéré : gelures et hypothermie possibles après une longue exposition sans protection.
Repère : à Kvikkjokk, au bord du parc, les nuits de mars tournent en moyenne autour de −13 °C et les après-midi autour de 0 °C (SMHI, 2002–2022). En altitude, sur le plateau, il fait plus froid. Le curseur descend jusqu'à −50 °C : des températures que nous ne devrions normalement pas rencontrer. Calcul : indice de refroidissement éolien ; niveaux de risque d'Environnement Canada.
Une journée de fin d'hiver dans le Sarek, de midi à la nuit étoilée. Faites défiler : le soleil s'occupe du reste.
À l'équateur, le soleil se lève et se couche à la verticale : la nuit tombe d'un coup. Plus on monte vers le pôle, plus sa course s'incline. À la latitude du Sarek, elle ne fait plus qu'environ 23° avec l'horizon : le soleil glisse le long de l'horizon au lieu de plonger.
À l'équinoxe de printemps, le soleil culmine à midi vers 23° au-dessus de l'horizon dans le Sarek, contre 40° à Rouen. Sa lumière arrive de biais toute la journée : des ombres longues, des reliefs sculptés, jamais la lumière écrasante qui tombe d'en haut.
La lumière du soleil contient toutes les couleurs. En traversant l'air, le bleu rebondit sur les molécules et part dans tous les sens : c'est la diffusion de Rayleigh, et c'est pour ça que le ciel est bleu. Quand le soleil est bas, sa lumière traverse bien plus d'air. Le bleu s'est dispersé en route : restent les roses et les orangés.
La neige est blanche parce qu'elle renvoie presque toute la lumière qu'elle reçoit, sans en garder aucune couleur. Elle prend donc la teinte de ce qui l'éclaire : rose au couchant, bleue à l'ombre. Tout le paysage change de couleur avec le ciel.
Après le coucher, le ciel reste clair tant que le soleil est à moins de 6° sous l'horizon. Comme il s'enfonce en biais, il met ici bien plus longtemps à franchir ces 6° : environ une demi-heure à Rouen, une heure dans le Sarek, près de deux heures au Svalbard.
Retournez-vous, dos au couchant. Juste au-dessus de l'horizon, une bande bleu sombre : l'ombre de la Terre, projetée sur l'atmosphère. Au-dessus, une frange rose : l'air encore éclairé par le soleil. Avec un crépuscule si lent, on la contemple longtemps.
Aucune ville à l'horizon : le ciel s'emplit d'étoiles. Et certaines nuits, les aurores : des particules venues du soleil, guidées vers les pôles par le champ magnétique terrestre, font briller la haute atmosphère.

L'aventure
Ce que l'expédition nous apprendra, on le partagera sans rien embellir : les journées lumineuses comme celles où la météo nous cloue sous la tente.
Ce qui nous guide
● Prochaine étape : réunir les moyens du départ
Particuliers
Le voyage jusqu'en Laponie, le matériel, les rations, de quoi créer dans le froid. Chaque don nous aide à rapporter la beauté du vivant et à la partager, et on vous raconte tout en retour.
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